« True Light » sur l’installation participative de Jean-Luc Vilmouth – centre Pompidou (Beauboug) 2015 Paris (FR)
Des milliers d’inscriptions à la craie sur un mur-tableau vert. Messages dérisoires, effaçables d’un coup de chiffon, déclarations d’amour qui disparaîtront demain, noms qui seront recouverts dans l’heure, pensées profondes vouées à l’oubli immédiat, en une explosion multicolore de craies : roses, jaunes, bleues, rouges. Chacun choisit sa couleur comme pour affirmer sa singularité. Strates d’humanités superposées, palimpseste infini de consciences. Au milieu de cette polyphonie, j’ai tracé « True Light » à la craie blanche somme de toutes les couleurs. Non pas pour dominer les autres voix, mais pour affirmer radicalement : tout est lumière. La physique nous enseigne que matière et énergie sont interchangeables (E=MC2). La spiritualité nous rappelle que cette énergie EST lumière consciente, vibrante, une. Nos corps, nos pensées, ce mur sont lumière sous différentes fréquences. L’illusion de séparation se dissout quand nous voyons la vérité: true light. Toutes ces teintes éclatantes sont comme nos identités fragmentées, nos désirs multiples, nos égo qui cherchent à se distinguer. Le blanc nous dit : sous la diversité apparente lisons l’unité fondamentale. Toutes ces couleurs ne sont qu’une décompositions du blanc originel. Dans ce chaos joyeux d’expression humaine ces deux mots rappellent doucement: nous sommes un, nous sommes lumière, nous écrivons notre propre vérité sur nous-mêmes. Nous ne sommes pas les messages temporaires multicolores. Toutes ces traces fragiles à la craie, y compris la mienne, illustrent notre condition : formes passagères sur le tableau du temps. Quelle belle ironie d’utiliser comme support le plus éphémère pour affirmer l’éternel. Qui se souviendra demain de ces mots tracés aujourd’hui ? Qui relira ces ‘Je t’aime’ avant qu’un autre ne les recouvre ? ‘True Light » est aussi dérisoire et éphémère que le reste. Poussière de craie sur une surface verte. Vanité des vanités. Les messages s’effacent. La lumière demeure !


